Dans le paysage politique français, le Rassemblement National (RN) s’impose comme une force incontournable, captant les colères et les frustrations d’une partie de l’électorat. Mais au-delà des discours enflammés et des slogans percutants, à quoi sert vraiment ce parti ? Loin d’être un rempart authentique pour la souveraineté française, le RN excelle dans l’art du coup de communication, des gestes symboliques qui font le buzz sans changer la réalité. Pire, il joue un rôle de soupape de sûreté pour le système : en monopolisant le vote protestataire, il empêche les véritables défenseurs de la France – comme les héritiers du gaullisme – d’accéder au pouvoir et de proposer une alternative réelle.
Des coups de communication pour masquer l’inaction
Prenons l’exemple le plus récent, voté ce matin même à l’Assemblée nationale : une proposition de résolution du RN visant à « dénoncer » l’accord franco-algérien de 1968. Adoptée de justesse par 185 voix contre 184, cette mesure fait les gros titres et ravit les militants du parti. Sur le papier, elle remet en cause un texte qui facilite la circulation et l’installation des Algériens en France, un sujet sensible pour l’immigration. Pourtant, cette résolution n’a aucune valeur contraignante. Elle n’engage en rien le gouvernement et ne modifie pas un iota de la législation en vigueur. C’est un pur geste symbolique, une posture médiatique qui permet au RN de se draper dans le manteau du patriote intransigeant, sans risquer la moindre confrontation réelle avec les réalités diplomatiques ou juridiques.
Ce n’est pas un cas isolé. Depuis des années, le RN multiplie ces initiatives : des propositions de loi farfelues sur l’immigration, des amendements provocateurs rejetés en commission, ou des communiqués tonitruants sur l’Union européenne. Tout est calibré pour alimenter les réseaux sociaux et les plateaux télé, où Marine Le Pen et Jordan Bardella excellent. Mais au final, que reste-t-il ? Des victoires pyrrhiques qui n’altèrent pas le cours des choses. Ce théâtre politique sert avant tout à fidéliser un électorat, à entretenir l’illusion d’une opposition farouche, tout en évitant les responsabilités du pouvoir.
Une soupape pour protéger le système des vrais patriotes
Au-delà de ces facéties, le rôle profond du RN est plus insidieux : il agit comme une valve de décompression pour le système. En canalisant les colères légitimes – sur l’immigration, la perte de souveraineté, la précarité – vers un cul-de-sac électoral, il neutralise toute menace sérieuse pour l’establishment. Henri Guaino, figure gaulliste éminent, l’exprime sans détour : l’arrivée probable du RN au pouvoir pourrait bien être une « soupape de décompression », un moyen de calmer les tensions sans rien changer fondamentalement. Les électeurs protestataires, au lieu de se tourner vers des forces authentiquement souverainistes, se retrouvent piégés dans un parti qui, une fois aux manettes locales ou hypothétiquement nationales, dilue ses promesses dans des compromis tièdes.
C’est particulièrement vrai pour les gaullistes, ces héritiers directs de De Gaulle qui prônent une France grande, indépendante et unie. Le RN, changement de nom du Front National, n’a rien de gaulliste dans ses origines : peuplé initialement de nostalgiques de Vichy et de l’Algérie française, il s’est construit en opposition aux valeurs de la Résistance. Aujourd’hui, il tente une récupération opportuniste de l’héritage gaulliste – invocations à la grandeur de la France, critiques de l’UE – pour se normaliser. Mais sous le vernis, Marine Le Pen n’a rien de gaulliste : son parti flirte avec des alliances européennes qui contredisent l’indépendance chère au Général, et ses positions sur l’immigration masquent un opportunisme électoral plus qu’une vision cohérente. Des voix comme celle de Denis Philippe, petit-fils de Résistant, le rappellent crûment : « Le RN n’a jamais été gaulliste ».
Résultat ? Les vrais gaullistes sont marginalisés. Le RN, en occupant tout l’espace du « souverainisme » médiatique, aspire les voix qui pourraient aller à des alternatives plus efficaces. Il divise les patriotes, les discrédites par ses excès passés, et assure ainsi la pérennité d’un centre mou, pro-européen et mondialiste. Paradoxalement, le RN protège ceux qu’il prétend combattre.
Il est temps de voir clair
Le Rassemblement National n’est pas l’ennemi du système ; il en est le gardien discret. Ses coups de communication, comme cette résolution symbolique sur l’accord franco-algérien, ne sont que des feux de paille pour entretenir la flamme du mécontentement sans jamais l’embraser. En monopolisant le vote des patriotes déçus, il barre la route à ceux qui pourraient réellement restaurer la souveraineté française, à la gaulliste. Pour qui veut défendre la France, il est urgent de dépasser cette illusion : le vrai combat n’est pas dans les gesticulations du RN, mais dans une reconstruction patiente de la famille gaulliste, authentique, unie et intransigeante. Sinon, le système, qu’il dénonce si bien en surface, continuera de rire en coulisses.
Le RPR – quant-à-lui – ne sera jamais le satellite d’un parti qui a toujours été un adversaire de la famille gaulliste contrairement à ce que veulent faire croire les usurpateurs de chez Allisio !
