Service militaire volontaire… une nouvelle fumisterie macroniste !

Le gouvernement annonce le création d’un service militaire volontaire, effet d’annonce d’un projet condamné à l’échec. Voilà pourquoi :

Manque criant d’attractivité pour la cible principale (les 18-25 ans)

La génération actuelle valorise massivement la liberté individuelle, les études, les débuts de carrière rapides et les expériences « instagrammables ». Un engagement d’un an (ou même de quelques mois) dans une caserne, avec lever à 5 h 30, hiérarchie stricte, coupure partielle avec les réseaux sociaux et rémunération symbolique (entre 900€ et 1000€) est perçu comme un énorme sacrifice pour un bénéfice personnel quasi nul.
Résultat : les jeunes les plus motivés par l’idée militaire s’engagent déjà directement dans l’armée professionnelle (Légion, marines, paras, etc.). Le service volontaire ne capterait que deux catégories marginales : quelques dizaines de milliers de jeunes en quête de « sens » ou d’adrénaline (largement insuffisant numériquement), et une masse de jeunes en grande difficulté sociale ou professionnelle qui viendraient « par défaut » (chômage, absence de diplôme, etc.). Cela transformerait rapidement le service en « parking social » plutôt qu’en outil de cohésion nationale.

Effet de sélection adverse (adverse selection)

Plus le service est dur et exigeant (pour conserver un minimum de crédibilité militaire), plus il repousse les profils équilibrés, diplômés, issus de milieux favorisés… et attire proportionnellement ceux qui ont le moins à perdre ou qui cherchent simplement un toit et trois repas par jour.
On obtient l’inverse de l’objectif initial : au lieu de mélanger les classes sociales et de créer du lien républicain, on concentre les plus précaires et on exclut les élites et classes moyennes supérieures. C’est exactement ce qui s’est passé avec le Service National Universel (SNU) en France : les participants volontaires sont très majoritairement issus de milieux modestes ou ruraux, très peu de lycéens parisiens de Louis-le-Grand ou Henri-IV.

Coût exorbitant pour un rendement faible

Former, encadrer, loger, nourrir, équiper 600 000 à 800 000 jeunes par an (effectif d’une classe d’âge) même sur une durée courte (10 mois) représente des dizaines de milliards d’euros. Or, avec un taux de participation volontaire réaliste de 5 à 15 % maximum, l’État paierait cette infrastructure colossale pour… presque personne.
Exemple concret : le SNU, qui concerne pourtant seulement 2 semaines + 84 heures de mission d’intérêt général, peine déjà à remplir ses objectifs (moins de 50 000 participants en 2024 alors qu’on vise 800 000 à terme).

Absence d’effet dissuasif et de « rite de passage » collectif

L’un des arguments historiques du service obligatoire était qu’on ne pouvait pas y échapper : riches comme pauvres, bons comme mauvais élèves, tous passaient par la même case. Cela créait une expérience commune forte.
Dès lors qu’il devient volontaire, il perd immédiatement cette dimension symbolique et égalitaire. Il devient un « truc pour les autres » : ceux qui n’ont pas mieux à faire ou ceux qui sont déjà « dans le délire » militaire.

Concurrence avec les armées professionnelles

Les armées elles-mêmes n’en veulent pas vraiment. Elles préfèrent recruter directement des engagés motivés, déjà triés sur le volet, plutôt que de devoir gérer des dizaines de milliers de volontaires temporaires qu’il faudra former de A à Z puis qui repartiront au bout de quelques mois. Cela perturbe les unités, monopolise les cadres et génère une énorme charge administrative pour un gain opérationnel nul.

Pour résumer : Un service militaire purement volontaire est une belle idée sur le papier (« ceux qui veulent viennent, pas de contrainte »), mais dans la réalité sociologique, économique et culturelle de 2025, il est structurellement voué à l’échec :
-trop peu de candidats,
-mauvais profil de candidats,
-coût démentiel,
-perte totale de l’effet égalisateur et cohésif qui justifiait historiquement le service national.

Les pays qui ont essayé (Royaume-Uni avec le « National Citizen Service », tentatives allemandes post-suspension, projets scandinaves) ont tous abouti à la même conclusion : sans un minimum d’obligation, on n’atteint jamais la masse critique ni la mixité sociale espérée.

Un service militaire qui veut vraiment exister et remplir ses objectifs républicains doit être obligatoire (ou au minimum avoir une composante obligatoire très forte). Tout le reste n’est que communication politique ou vœu pieux.

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